|
Découvrez la première saison culturelle du Centre Culturel René d'Anjou ... La création de la commune nouvelle du Baugeois a été décidée : naissance de "Baugé en Anjou".
Vous êtes ici :
Découvrir la ville |
Histoire de la ville |
La Vraie Croix
La Communauté détient le privilège de posséder, depuis deux cents ans, une insigne relique de la Vraie Croix. Selon la tradition, cette relique est un fragment de la Croix du Sauveur.
Au fil des âges, de nombreux morceaux en furent détachés. Le fragment vénéré à Baugé est, par son volume, le deuxième de France après celui de la Sainte Chapelle, et le onzième de toute la Chrétienté. 1241 , un seigneur angevin, Jean d'Alluye, contribue à la défense de la Crète. En récompense, il reçoit de l'évèque Thomas de Crète, des parcelles du bois de la Rédemption assemblés en forme de croix à double traverses. Rentré en France, Jean d'Alluye offre la précieuse relique à l'abbaye cistercienne de la Boissière, à Denezé sous le Lude. Dans une chapelle votive, édifiée pour lui servir de reliquaire, les fidèles la vénèrent. Pendant la guerre de Cent ans, les Anglais et les routiers pillent les campagnes angevines. Pour soustraire la relique à leurs convoitises les religieux la confient à la protection du duc d'Anjou. Le 12 juillet 1359, le duc Louis Ier, second fils du roi Jean Il le Bon, l'expose dans la chapelle du château d'Angers. Quelques années passent. Le duc décide de décorer la Croix d'une parure de joyaux. Les orfèvres du roi Charles V placent sur chaque face de la Croix un Christ en or massif, surmonté d'un médaillon frappé d'un agneau sur une face, d'une colombe sur l'autre. Le sommet du montant et les extrémités des traverses sont gainées d'or pur, la base sertie dans un socle de vermeil. Dix-sept rubis et dix-neuf saphirs en cabochon ornent les branches, la croisée supérieure et le socle. Le duc Louis Ier érigea en son honneur une confrérie et un ordre, l'Ordre de la Croix. L'image de la précieuse relique figure sur la tapisserie de l'Apocalypse conservée au château d'Angers.
La Croix d'Anjou reviendra à l'abbaye de la Boissière au milieu du XVème siècle. Elle y restera jusqu'à la Révolution. En 1790, déclarée bien national, la relique doit être vendue aux enchères à Baugé. La fondatrice des Incurables de Baugé, Anne de la Girouardière, l'acquiert pour 400 livres. La translation de la Vraie Croix dans la chapelle des Incurables eut lieu le 17 octobre 1790. Une cérémonie solennelle rassembla les autorités religieuses et civiles de la ville et de toute la contrée. Le curé René Bérault porta la relique entre deux haies de gardes nationaux qui présentaient les armes sur son passage. La chapelle de la jeune communauté eut la joie d' accueillir une si belle représentation de Jésus-Christ en croix : le Christ de la foi. Crucifié, ressuscité ! La Communauté que Mademoiselle de la Girouardière venait de fonder était vouée à l'adoration du Sauveur en son Eucharistie et à l'accueil des membres souffrants de Jésus Christ : cet esprit anime toujours la Communauté du Coeur de Marie, compatissante au pied de la Croix. Echappée aux fureurs iconoclastes de la Terreur, la Vraie Croix est désormais présentée à de nombreux visiteurs dans la chapelle des Filles du Coeur de Marie. Les Chrétiens vénèrent ce témoignage ou ce signe tangible de la Passion du Christ et de leur rédemption. A tous, cette relique propose une réflexion sur les origines et les permanences de notre histoire et de notre civilisation. |